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Mes Années Pour Devenir Infirmier

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L'environnement et la santé ne peuvent pas fonctionner séparément. Consultez des informations sur ces thèmes !


Route de l’encens – Villes du Désert du Néguev !

Publié par Damien Robinet sur 16 Janvier 2017, 22:30pm

Catégories : #Voyage-Cuisine-Culture, #Etudes-Projets-Connaissances

Voilà quelques mois déjà que j'ai réalisé un petit (grand ?) exposé sur la Route de l'Encens en Israël. Et parce que je vous adore, alors je me suis dis qu'il serait sympa de vous le partager pour que vous connaissiez les richesses que certains Etats peuvent cacher (même si le plus médiatisé sont les guerres et la pauvreté ou les migrations).

Bonne lecture !

Route de l’encens – Villes du Désert du Néguev !

Retour vers le passé

La route de l’encens, réseau de routes marchandes reliant le Yémen et le Sultanat d’Oman à la Méditerranée sur plus de 2000 kilomètres, facilitait le transport de l’encens, de la myrrhe et d’épices entre le sud de la péninsule arabique et la mer.

Ce commerce extrêmement rentable prospéra du IIIe siècle avant Jésus-Christ au IIe siècle de notre ère. A cette époque, l’encens valait plus que l’or aux yeux des Pharaons et des Romains. Ce grand pouvoir économique était à l’origine de cette longue route de l’époque hellénistique et romaine qui a favorisé le développement de villes, forts et caravansérails pour contrôler et gérer les flux. L’encens était utilisé en grandes quantités à cette époque pour les temples et à des fins médicinales ou cosmétiques.

Les villes construites grâce au commerce de cette route ne pouvaient survivre sans elle. Leur survit dépendit, pendant cinq siècle, de son trafic régulier.

Des systèmes d’irrigation sophistiqués sont installés pour permettre l’agriculture à grande échelle sur ce territoire désertique. Ainsi, barrages, canalisations, citernes et réservoirs permettent la vie autour de cette route qui voyait passer des hommes, des marchandises et des idées.

Route de l’encens – Villes du Désert du Néguev !

Une trace temporelle

Les sites de quatre anciennes villes nabatéennes d’Avdat, Haluza, Mamshit, Shivta, une série de forteresses et de paysages agricoles jalonnent la route de l’encens sur une centaine de kilomètres depuis Moa, le long de la frontière jordanienne à l’est, jusqu’à Haluza dans le nord-ouest. Les nombreux vestiges de systèmes d’irrigation, de constructions urbaines, de fortins, d’anciens systèmes agraires et de caravansérails sont présents pour témoigner de la prospérité du commerce de l’encens pendant plus de 700 ans et de l’agriculture en plein cœur du désert aride du Néguev, au sud de l’Israël.

Dix des sites sont réparties à proximité ou le long de la route principale menant à Pétra, capitale de l’empire nabatéen de Jordanie jusqu’aux ports de la Méditerranée : les quatre villes, quatre forteresses : Kazra, Nekarot, Makhmal et Grafon, et les deux caravansérails de Moa et Saharonim.

Les vestiges et paysages agricoles donnent une image complète de la technologie nabatéenne de l’époque sur plus de cinq siècles d’urbanisme et de construction, et cette combinaison constitue un environnement culturel fossile complet témoignant des innovations et du travail nécessaire pour créer un système agricole sophistiqué et durable dans des conditions désertiques rudes.

Les sites se sont bien conservés par leur abandon presque total au VIIe siècle après J-C.

Route de l’encens – Villes du Désert du Néguev !

Inscription au Patrimoine Mondial de l'UNESCO

Le paysage et une section de cinquante kilomètres de longueur de la route de l’encens reliant Pétra à Gaza, entre Avdat et Moa, et les villes de Haluza, Mamshit et Shivta ont été classées au Patrimoine Mondial de l’UNESCO en 2005. Cette inscription permet de protéger ce patrimoine, le laisser intact voire même trouver des fonds pour restaurer les ruines toujours présentes. Il permet également de le protéger de toute construction ou destruction illégale.

La route de l’encens et les parcs nationaux qui l’entourent appartiennent à l’Etat garantissant la préservation de ces sites qui a ce jour ne sont menacés par aucun parti. Pourvu que ça le reste.

Zoom sur les Villes

Route de l’encens – Villes du Désert du Néguev !

Avdat

Ville fondée par les Nabatéens pendant le IIe siècle avant J-C, Avdat (Oboda) fut nommée d’après le roi Obodas III après son enterrement à cet endroit. La ville fut soumise à l’autorité romaine en 106 avec le reste de l’empire Nabatéen. La ville fut détruite par les perses en 614.

Présente dans le désert aride de Néguev, les nabatéens construisirent la ville en faisant attention à leur approvisionnement en eau qui semblait difficile au vue de la faible pluviométrie de la région. Ils élaborèrent des systèmes de drainage récupérant ainsi le moindre millilitre d’eau et permettant le transport vers des citernes publiques ou familiales.

Les marchands nomades produisaient une grande quantité de raisin qu’ils transformaient en vin. C’est en tout cas le témoignage de vestiges de quatre pressoirs à vin trouvés à Advat. Deux églises furent bâties lors de la période byzantine lorsque les nabatéens se tournèrent vers le christianisme suite à la conversion de Constantin au IVe siècle. Des reliques étaient gardées à l’intérieur de l’église de St Théodore édifiée au Ve siècle.

Avdat était un arrêt le long de la route de l’encens et fut bâtie sur une colline à 580 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Route de l’encens – Villes du Désert du Néguev !

Shivta

Les ruines impressionnantes de Shivta remontent aux périodes nabatéenne, romaine et byzantine. C’est un des plus grands sites nabatéens du Néguev, au cœur du désert aride, où les bâtisseurs ont transformé ce désert en oasis pouvant accueillir la vie.

La cité ancestrale est unique et située dans un lieu reculé, loin de l’attractivité touristique de la Terre Sainte, à 43 kilomètres de la ville de Beer-Sheva, dans la section centrale du désert de Néguev, à 340 mètres au-dessus du niveau de la mer. On y trouve les tombes de plusieurs moines.

Route de l’encens – Villes du Désert du Néguev !

Mamshit

Seule ville nabatéenne avec muraille, Mamshit se situait sur la route principale connectant la Judée et Pétra. Le site comprend des ruines de trois époques différentes : Nabatéenne, Romaine et Byzantine.

Plusieurs bâtiments mesurant plus de 1000 mètres carrés étaient construits avec beaucoup de finesse et avaient un ou deux étages. Cette qualité prouve la maîtrise de la maçonnerie et du placement des pierres par les nabatéens.

Entre 1965 et 1973, le site a été fouillé. Les étages supérieurs des maisons s’étaient écroulés laissant apparaitre un amas de pierres mais la vérité était toute autre. Certaines maisons avaient deux étages. A la suite des fouilles, le site a été intensivement reconstruit. Une petite église, plus petite que les églises orientales classiques, a été découverte avec une citerne recevant son eau d’un canal situé à l’extérieur de la ville et récoltant l’eau coulant sur les pentes des environs.

Route de l’encens – Villes du Désert du Néguev !

Haluza

Ville la plus au nord, Haluza est encadrée de dunes qui ont recouvert une bonne partie des ruines des édifices. Les fouilles ont permis de mettre la main sur un ancien pressoir, un théâtre et des églises.

Dans les années 20 avant J-C, les romains ont prit le contrôle d’une partie de la route de l’encens. Les Nabatéens perdirent leur monopole sur les terres mais grâce à l’accumulation de leurs richesses, ils purent perdurer encore longtemps. Cependant, le déclin de l’empire nabatéen était en route.

Shivta, Avdat et Mamshit furent inscrites au Patrimoine Mondial de l’UNESCO en 2005, en même temps que la route de l’encens, les paysages agricoles et quelques forteresses.

Route de l’encens – Villes du Désert du Néguev !Route de l’encens – Villes du Désert du Néguev !Route de l’encens – Villes du Désert du Néguev !

Quelques définitions

Les Nabatéens : groupe de marchants nomades arabes venant de la Péninsule Arabe. Ils apparurent dans le Néguev au cours du IVe siècle avant J-C et repoussèrent les Edomites vers le nord. A l’origine, ils étaient un peuple de bergers, mais en devenant marchands, ils s’enrichirent en tenant le monopole du marché grâce à leurs connaissances avancées du désert et de ses secrets. Les Nabatéens sont surtout connus pour leurs barrages, leurs vignes, leurs accouplements de chevaux et leurs techniques de découpage de pierres.

Les caravansérails : En Orient, abris pour les voyageurs, hôtellerie où s'arrêtent les caravanes.

Système agraire : Concept qui permet d’identifier toute forme d’agriculture comme un système d’interactions entre la mise en place et la gestion d’un écosystème cultivé, les structures agraires (conditions foncières et paysages) et les systèmes de production (combinaison de cultures et/ou d’élevages et de moyens de production mis en œuvre au travers des techniques et pratiques).

Epoque hellénistique : Les historiens désignent par « hellénistique » l’époque précédant la naissance du Christ de quatre siècles – du IV e siècle av. J.-C. au 1 er siècle apr. J.-C. – ayant ainsi représenté le début de l’interaction de la civilisation grecque avec celles de l’Orient.

Empire Byzantin : Epoque démarrant en 395 avec la division de l’Empire Romain en deux parties après la mort de Théodose : Empire Romain d’Occident et Empire Romain d’Orient qui deviendra l’empire Byzantin. Il durera jusqu’en 1453 avant l’assaut final de Constantinople par Mehmed II.

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N'hésitez pas à me dire si cet article vous a plu, si vous souhaitez que vous expose chaque recherche que j'effectue dans le cadre de mes cours comme ici, je pense que ça peut être sympa de vous le partager, ai-je tord ? A vous de me le dire.

A très vite sur le blog !

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